En Haute-Vienne, les élus hésitent encore à regrouper leurs communes 7 février 2018

Quelques projets en gestation, d’autres avortés, mais une envie d’en savoir un peu plus sur cette possibilité offerte aux communes de s’associer. Quelques projets en gestation, d’autres avortés, mais une envie d’en savoir un peu plus sur cette possibilité offerte aux communes de s’associer.

Lorsque Jean-Claude Chanconie, maire du Vigen, se lève pour demander à ses collègues maires rassemblés à la préfecture s'ils pourraient être intéressés par une association avec une ou plusieurs communes voisines pour former une commune nouvelle, une quinzaine de mains se lèvent spontanément, soit une proportion non négligeable de la centaine de présents, en grande partie des maires ruraux.
Quelques projets en gestation, d’autres avortés, mais une envie d’en savoir un peu plus sur cette possibilité offerte aux communes de s’associer.

Lorsque Jean-Claude Chanconie, maire du Vigen, se lève pour demander à ses collègues maires rassemblés à la préfecture s'ils pourraient être intéressés par une association avec une ou plusieurs communes voisines pour former une commune nouvelle, une quinzaine de mains se lèvent spontanément, soit une proportion non négligeable de la centaine de présents, en grande partie des maires ruraux.

De l'intention au plongeon
Jean-Claude Chanconie sait de quoi il parle, lui qui a proposé, en vain, une telle association à la commune voisine de Solignac : « nous avons calculé, souligne en aparté le maire du Vigen, que nous aurions pu réaliser une économie de fonctionnement d'1,5 million d'euros sur dix ans, mais les élus de la majorité à Solignac refusent de voir ce qui apparaît comme une évidence. Pour autant, nous conservons de bonnes relations. Ce sujet devrait toutefois constituer un des enjeux majeurs des prochaines élections municipales », pronostique l'élu.

De l'intention au plongeon, il y a un pas qu'hésitent à franchir de nombreuses communes, malgré les efforts répétés des services de l'État. La direction générale des finances publiques (DGFip) se propose ainsi de réaliser pour les communes candidates toutes les simulations en matière fiscale. « On ne crée pas une commune nouvelle pour des raisons financières, avance la sénatrice (PS) de la Haute-Vienne, Marie-Françoise Perol-Dumont, mais pour faire aboutir des projets ».

« On ne peut pas aller contre les habitants, mais un maire a la responsabilité de voir plus loin », estime pour sa part Françoise Gatel, sénatrice (UDI) d'Ille-et-Vilaine, coauteur du rapport sénatorial, présente à Limoges en compagnie de l'autre coauteur du rapport, le sénateur (PS) de la Somme, Christian Manable. Françoise Gatel cite à ce propos une réplique culte d'Alain Delon, aristocrate sicilien au moment de l'arrivée de Garibaldi au pouvoir dans le film de Luchino Visconti, Le Guépard : « si nous voulons que tout reste tel quel, il faut que tout change ».

« On aurait pu réaliser une économie de fonctionnement de 1,5 M €sur dix ans »

Plusieurs projets sont ainsi en gestation, en Haute-Vienne, dans le nord du département, essentiellement : Lussac-les-Églises, Saint-Léger-Magnazeix, Saint-Martin-le-Mault en parlent, de même que Bussière-Poitevine, Saint-Barbant et Darnac, un peu plus à l'ouest. Enfin, Le Chalard a abandonné le projet d'une association avec Saint-Yrieix-la-Perche, pour des raisons fiscales semble-t-il, les deux communes n'appartenant pas à la même strate. « La plupart du temps, ce sont les élus eux-mêmes qui s'opposent à ce genre de projet », souligne un fin connaisseur du dossier.

Pascal Godrie, maire de la commune nouvelle de Val d'Issoire, issue de l'association de Mézières-sur-Issoire et de Bussière-Boffy, et Jean-Paul Barrière, maire délégué, ont franchi, eux, le pas de cette association et sont venus en rendre compte devant leurs homologues : « la mutualisation des personnels et des matériels nous fait réaliser de substantielles économies pour une plus grande efficacité, souligne Pascal Godrie. Pour le reste, rien n'a changé dans la vie des habitants qui ont toujours accès aux mêmes services ».

Les associations de chasse des deux communes ont toutefois préféré garder leur indépendance, les territoires de chasse n'étant, selon leurs membres et dirigeants, pas tout à fait les mêmes…

Marcel Oudot Le populaire du Centre



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